Les lycéens (surtout en dernière année)  le savent : un tout petit mot suffit à déclencher moult anxiétés, stress, nuits blanches, joues creuses et yeux cernés. Et ce mot magique c’est….FUTUR. Rien que de le voir écrit ça vous retourne l’estomac, légère contraction dans le bas ventre, rouages du cerveau qui s’accélèrent,petite grimace non contrôlée qui s’imprime sur votre visage. Sorry.

Cette année, c’est pourtant le mot d’ordre. Pas un jour ne passe sans que vous l’entendez, lui ou un de ses frères (avenir, prochain, études, choix etc, vous connaissez la famille). Comme si vous n’étiez pas assez angoissé comme ça, il faut qu’à peu près tout les adultes de votre entourage, de près ou de loin vous le rabâche. Comme si ça vous faisait plaisir. Pour vous montrer qu’ils s’intéressent à vous.

C’est le moment fatidique de toute votre scolarité, des années et des années à suer, les fesses sagement posées sur une chaise pendant 15 longues années, à écouter patiemment les monologues plus soporifiques les uns que les autres, contemplant l’aiguille des minutes défiler tel les années de vos vies. Tout ça pour ça, LE but ultime. Félicitations, vous voilà à présent votre avenir dans les mains, espérant faire le choix qui vous amènera fortune, gloire, réussite, et, accessoirement, bonheur. Pression parentale d’un côté, professorale de l’autre.

S’entame alors un parcours du combattant. Alors que vous avez du mal à vous décider le matin entre miel ou confiture sur votre tartine, vous disposez de 8 petits mois pour CHOISIR VOTRE ORIENTATION (encore un autre cousin de avenir). Vous découvrez que vous n’êtes pas sortis de l’auberge et qu’en fait vous y entrez, dans l’auberge. Toutes ces heures de souffrances n’étaient qu’un avant goût, la vie ne se finit pas après le BAC.   Finalement, après mûre réflexion, ÇA Y EST vous vous êtes finalement décidé (toujours sans une complète certitude à 100% ) sur votre destination prochaine, se dresse à présent devant vous un grand mur avec une petite porte, un bonhomme patibulaire qui la garde, et une foule qui admire. Comme une entrée en boîte. Derrière le mur: le Graal (enfin ce que vous pensez être le graal, parce qu’en fait c’est toujours décevant une boîte n’est ce pas ?). Devant le mur: le videur aka les différentes écoles et formations qui décident, ou non de vous accepter. La foule derrière, c’est ce groupe dont personne n’a encore découvert le but ni le pourquoi,  qui passe son temps à observer (et se moquer) de ceux qui ne rentre pas, alors qu’eux restent dehors comme des cons. C’est le genre de personne qui vont vous lancer un regard condescendant si vous ne leur répondez pas que vous avez l’intention de faire bac+10 au minimum, le regard qui signifie « oh ! un futur clochard ».

Et là pour rentrer, c’est le sphinx moderne : APB. C’est une sorte de test de votre motivations, de votre logique et de votre capacité à se frayer un chemin dans le labyrinthe, tout en restant calme et polis. Pour en remettre une bonne couche, les collègues de bureau de vos parents qui ont bien galéré aussi se donnent pour mission de les sur-stresser, juste pour se venger vicieusement parce qu’eux sont finalement arrivés au bout du labyrinthe. Ce qui vous amène un parent (voire 2 pour les p’tits chanceux) ingérable de stress sur les bras à géré en plus du fameux logiciel datant probablement de l’époque des dinosaures. Qui, pour une raison mystérieuse, tient absolument à le faire avec vous.

Après avoir répondu à une série de questions plus indiscrètes les unes que les autres (comme le salaire de vos parents ou votre numéro de téléphone perso, tout juste s’ils demandent pas votre religion, vos mensuration et le lien de votre Facebook, twitter et instagram), on arrive à la phase 2: l’attente angoissée. Vous vous transformez en maniaco-dépressif qui rafraichit frénétiquement votre boite mail, dans l’attente d’une réponse. Réponse à laquelle vous ne répondez pas simplement par oui ou par non, parce que sur cette plateforme qui défie les lois de la logique (avec un classement obscure de voeux) on parle une langue spécifique. Ainsi, pour refuser ou accepter on ne dit pas simplement « oui » ou « non » . C’est « oui définitif » « oui mais » non mais » ou « non définitif ». Mais attention attention, c’est encore un leurre. Car il ne faut en fait jamais répondre un « non » avant, au moins juin, et encore.

Et lorsque vous aurez plus ou moins maîtrisé le logiciel, son cousin « CROUS » vous attend, pour tout ce qui concerne la vie étudiante hors études.

Qui a dit que le défi de l’année serait le bac ?

-Yours sincerely, Archie.

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